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Article: La prématurité et la grossesse dans une approche psychosomatique

La prématurité et la grossesse dans une approche psychosomatique : un autre regard, d'excellents résultats

Jean SCHMITT

Introduction :

Nous allons  partager avec vous l’approche de l’hypno psychanalyse , dans l’abord de la prématurité comme dimension psychosomatique  ( et aussi brièvement des autres applications de l hypnose dans  la grossesse et de l accouchement)
Une approche qui combine pour le thérapeute la nécessité et la difficulté  d’être présent  dans un partage, au-delà des plaintes physiques,  à  une écoute  de vécus psychologiques reliés a des problématiques psychologiques souvent archaïques , préverbaux dans le vécu des femmes enceintes mais en respectant la non - demande en consultation  prénatale ou pendant l’ accouchement d’un travail psychothérapeutique .
Si la psychanalyse s’est intéressée depuis longtemps à la maternité psychique appelée « maternalité » par Racamier, les femmes venant à une consultation prénatale ne sont pas dans une demande de psychothérapie analytique ,  la demande implicite étant une demande d’écoute , de point d’appui  et de contenant .
Dans les cas où la présence du médecin thérapeute associée à  un recadrage des symptômes ne suffit pas , l’apprentissage de l’hypnose et de la mindfullness méditation (méditation en pleine conscience) permet d’inscrire un vécu corporel dans un exister dans un état de conscience différent entraînant à la fois un relaxation corporelle  secondaire avec la disparition des contractions objectivée a l’enregistrement mais aussi l’émergence d’ un soi corporel donnant un appui intérieur.
Les résultats statistiques démontrent que  les contractions utérines pendant la grossesse et  le risque de prématurité sont  liées à une tension corporelle généralisée qui se manifeste  pendant la grossesse dans des contractions utérines

Recherches réalisées :

  1. Dr Jean Schmitt, CHU Tivoli (la Louvière) 1988-1991 consultation prénatale :

 

  1. Taux de prématurité de 1,14% pour les patientes suivies par le docteur Schmitt dans  une approche psychosomatique  en consultations prénatale (2 accouchements prématurés sur 180 patientes) en comparaison d un taux de 6,89% de prématurité  pour le reste des consultations prénatales dans une  approche classique somatique des autres gynécologues du service   (294 accouchements prématurés sur 4267 patientes suivies) 
  2.  Résultat significatif à 1,11 % selon la loi de Poisson
  1. B.Alexandre , trois recherches réalisées (article : » L’approche  psychosomatique peut elle trouver une place dans la prédictivité des menaces d accouchement prématuré  Aspects psychologiques et procédures médicales. prévention de la prématurité «   )                                  

 

  1. 230 femmes à  risque de prématurité dans trois dimensions (80 femmes hospitalisées où il  est démontré un hiatus entre la « démarche » des usagers et l’ « offre » médicale , montrant une faille dans la compréhension du symptôme
  2. 80 femmes maghrébines cataloguées a risque mais avec cependant un taux de prématurité de 2% grâce au support social,
  3. 70 femmes en maternité parisienne de l assistance publique dans une population a risques de bas niveau socio économique 
  4. L absence de tout support social et d’encadrement affectif constitue un facteur de risque en  matière d’accouchement prématuré. Le support médical devient déterminant, la femme en détresse se tournant vers l institution médicale avec des  plaintes somatiques qui en réalité masquent une  demande d’écoute et  aide psychologique ).
  5. A contrario, la perception de la grossesse dans une population où l’attitude générale de l’entourage sert de soutien psychologique fait que les mieux entourées refusent l’hospitalisation en cas de menace d’accouchement prématuré

 

  1. Diverses études utilisant l’hypnose ont montré l’efficacité de l’hypnose clinique pour les contractions utérines et l accouchement ( diminution de la douleur et de la durée de l accouchement)

Par exemple : Omer (1986), Zimmer (1988), Cheek et Lecron

  1. Une étude de Delvoye et Leon portant sur 660 femmes  montre que soumises a  trois  tests psychologiques ( TAT , grille bipolaire et image de soi ) que le risque d’accouchement prématuré est 3,8 plus élevé si l’image de soi est dévalorisé, 5 fois plus élevé si le TAT est anormal et  6,5 fois plus élevé si le TAT montre des dimensions d’angoisse ou de conflit oedipien ou dépressif
  2. diverses études sociologiques dont celle de Mamelle montrent l’influence du nombre des consultations prénatales, de l’occupation de la mère, de la nutrition , du tabac , de l’age maternel

 

Discussion :
Nous savons que si on exclut les cause objectivables de prématurité liées a l infection , à des dimensions endocriniennes, congénitales et gémellaires , la majorité des accouchements prématurés adviennent sans explication physiologiques et que de savoir que statistiquement le risque est lé a une classe sociale défavorisée, à des ages maternels sous 20 ans ou au-delà de  35 et à une parité supérieure à 4 , n’a pas aidé à diminuer le taux de prématurité depuis l’utilisation des béta- mimétiques comme inhibiteurs des contractions utérines.

En effet une telle approche implique que nous pourrions  « maitrîser » et contrôler  un symptôme     « objectivable  » (ce qui   la base inconsciente  de la pensée occidentale depuis la pensée grecque : un moi qui contrôle à la fois lui-même et le monde) alors que nous savons depuis les débuts de la psychanalyse avec Freud mais surtout ensuite avec le début de l’approche psychosomatique avec notamment  Groddeck, Balint, Winnicott , Reich et l’école anglo américaine de psychanalyse que nous interprétons le monde  à travers le regard de nos relations infantiles inachevées, et un questionnement  des plaintes somatiques  dans une optique psychosomatique

Mais les femmes enceintes ne sont pas dans une demande de psychanalyse, bien qu’elles aient besoin que quelqu’un les entende et entendre suppose d’éprouver de pouvoir s’identifier de manière projective ce qui implique un travail de longue durée en psychanalyse, il serait donc nécessaire que les gynécologues fassent un tel travail pour développer plus d’écoute 

Si toute grossesse se  déroule dans un état psychique que Racamier a appelé « maternalité » dans une traversée intérieure en grande partie inconsciente suscitant de l angoisse.
Ce passage réactivant les difficultés psychologiques de la femme la rend vulnérable et très sensible aux « réalités » externes dans la manière qu’elle a construite inconsciemment « son »  « voir »  le monde.
Cette crise peut entraîner soit 
-une décompensation psychique (état dépressif, psychose puerpérale)
-une décompensation somatique (MAP ou accouchement prématuré)

, toute grossesse dans cet état de maternalité induit aussi une suggestibilité plus importante, un état de conscience modifié avec  une plus grande proximité a soi  ,qui permet un abord empathique et supportif et dans la  possibilité d’écoute et de partage  des plaintes de l’existence ,de recadrer les symptômes de contractions comme liés a une tension psychique  et de voir alors grace au changement de manière de voir le problème , la disparition de s contractions ( et éventuellemny aussi avec un apprentissage de l’autohypnose)

Comme le dit Alexandre : l angoisse est une défense contre la souffrance psychique et se manifeste par une recrudescence des symptômes  somatiques. Souvent les femmes se plaignent de  malaises,  sans percevoir la dépression. Or souvent anxiété, irritabilité, sentiment d’incapacité, fatigue  et plaintes somatiques ne sont que la partie visible de l’iceberg masquant un état dépressif ; Pour mener une grossesse à terme, la femme doit se sentir soutenue mais aussi comprise dans ses émotions. Elle a besoin d’un entourage (médical et personnel) à l’écoute de ce qu’elle éprouve physiquement et psychiquement.
Au moins une personne de l’entourage doit manifester un intérêt pour la grossesse, idéalement le père de l’enfant (mais il n’est pas toujours qualitativement  présent) et d’autres instances peuvent intervenir (grands parents, soeur, amie, voisins, collègues, sage-femme, médecin)
Un groupe qu il soit de  préparation prénatal ou dans une maison  peut aussi fonctionner comme une sorte d’enveloppe protectrice et aider au « portage » de la grossesse .                             Madame Alexandre constate paradoxalemnt  un taux extrèmement faible d’accouchements prématurés pour des femmes en foyer maternel pourtant souvent en rupture avec l entourage familial Toute grossesse se  déroule dans un état psychique que Racamier a appelé « maternalité » dans une traversée intérieure en grande partie inconsciente suscitant de l angoisse.

b) hynose  , mindfullnessmeditation et passage d’un corps objet à un corps éprouvé

 Nous savons  que le changement ne se produit que dans  une rencontre et une rencontre ,on le sait depuis la phénoménologie et  Heidegger en philosophie ( avec  la daseinanalyse qui en dérive).
Nous savons aussi  avec l’hypnose dans une approche constructiviste du monde explicitée par l’école de Palo Alto et notamment  Wadzlawick , qu’ il ne peut y avoir rencontre que dans  une présence au-delà de l’identification au moi-je , ce qui implique que le changement ne peut se produire « seulement »   par une « explication »  mais nécessite un éprouvé qui permet de regarder le monde à partir du corps et non du mental , éprouvé qui nécessite un travail de concentration flottante dans un état de conscience modifié qui est la définition actuelle de l’hypnose.
Passage jamais terminé  d’une conscience identifiée a la pensée contrôlante du moi   à  une conscience éprouvée dans  le corps , un soi, passer d’un « je » qui possède un corps et veut   le contrôler comme il contrôle le monde  , un éprouvé de soi , devenir le corps-éprouvé ce quoi implique une réinscription du corps dans la conscience , passage de « avoir » un corps à « être » un corps   dans le vécu de l’hypnose ou de la mindfullness méditation (ou aussi dans le travail du yoga ou du taichi par exemple où c’est la lenteur dans le mouvement qui permet  au corps de se réinscrire de devenir ce corps
Souvent alors le changement se produit sans avoir besoin de l’élaboration psychanalytique où paradoxalement le passer d’un savoir à un non savoir  d’un besoin de contrôle à un abandon.dans un autre état de conscience permet un changement.

Une approche psychosomatique proposant un recadrage du regard   sur les  contractions  chez des femmes n ayant pas d ouverture du col utérin  a permis une diminution spectaculaire de la prématurité. Pour les patientes hospitalisées , les contractions ont disparu sous hypnose pendant l’enregistrement au monitoring très souvent très rapidement .

Pratiquement pendant la grossesse :

.L approche psychodynamique  s’est limitée a proposer comme modèle que les contractions sont liées à une tension corporelle due au stress et dans une  écoute/présence   empathique de partager alors  les évènements stressants qui n’ont pas manqué d apparaître dans le discours qui a pu s’ouvrir chez ces femmes .

La majorité des femmes qui présentaient des contractions n’avaient pas d’ouverture du col utérin mais d’une manière ou d’une autre, elles en faisaient « trop » (de travail , d’occupations , de responsabilités familiales,  ou de besoin de se sentir responsables )
Elles se plaignaient  de fatigue  et de contractions sans plus mais si on prenait le temps de les écouter, il apparaissait qu’elles avaient en commun un éprouvé d’un manque de contenant familial (par manque de présence du mari ou d’une famille proche) u,  avec souvent un manque de point d’appui du mari ou de la famille) qu’elles ressentaient comme ne  pouvant leur donner une sécurité suffisante.
Quand après en avoir parlé elles pouvaient demander de l aide et résoudre le stress , les contractions disparaissaient par enchantement . Certaines mais une minorité ont eu besoin d’apprendre l’autohypnose.

Dans les cas où la rencontre n’a pas en présence de contractions permis de mettre en évidence une telle manière d être en relation, où aucune élaboration psychique n’a été possible, les plaintes étaient différentes : elles se plaignaient d’épuisement , d’en avoir assez,  la grossesse  était vécue comme envahissante et menaçante et en général le col s’ouvrait malgré le traitement et l’hospitalisation et le traitement médical de betamimatiques ,

Nous sommes dans ce cas   plus proches d’une interprétation du psychosomatique comme un manque de possibilité de partager des émotions appelé alexithymie en psychanalyse et considéré comme un manque de capacité d’élaboration symbolique

Par ailleurs pendant la grossesse, les indications d’un traitement en hypnose sont  le risque de prématurité mais aussi l’HTA, la prééclampsie , l’insuffisance de croissance intrautérine , les vomissements, le traitement de l’angoisse et de l’anxiété marquées, la colite spastique ,la boulimie et toutes les indications de psychothérapie

  Aspects psychologiques

Nous envisagerons  cette dimension psychologique avec le regard des psychanalyses mais aussi   de l’hypnoanalyse comme abord psychocorporel

La grossesse dans son expérience psychique a été appelée  « maternalité « par Racamier , un passage (comme l adolescence et la ménopause) du rêve d’une éternelle jeunesse à l’identification à une mère vieillissante  a travers le désir d’un enfant , enfant imaginaire paré de tous les désirs cicatrisant ce qui nous a manqué d’amour et de présence  mais aussi nos échecs  , nos insuffisances et tous les sentiments qui accompagnent ces évènements . Enfant imaginaire qui devrait parfois combler pour certaines mères inconsciemment, la faille du manque part ses qualités et pouvoirs.
La destinée de la femme et de son  enfant dans la réalité se joueront à la perte de cette illusion, tout en pouvant garder la possibilité d’un rêve cicatriciel dans  un va et vient que seules les mères peuvent donner à leur enfant et que Winnicott a appelé une mère suffisamment bonne et présente  à son nouveau né.
La grossesse a donc a voir avec cette régression à une totalité, à une fusion totalisante et donc quelque part aussi à la mort.
Soulé et Bydlowsky montrent d’ailleurs que souvent le désir d’enfant arrive en cas de blessure et de perte importante dans la vie du couple : mort d’un proche parent, maladie , chômage . la mort nous met face à la brièveté de la vie et au bilan plus ou moins réussi de nos investissements affectifs et matériels , l’enfant confère à nouveau l’immortalité et l’éternel recommencement.  
La femme future mère est donc enceinte d’un enfant à venir et enfant elle-même dans  une matrice , un contenant maternel imparfait qu’elle doit reconstruire pour pouvoir s ‘en séparer
Dans cette reconstruction , d’autres conflits peuvent apparaître , réactualisés inconsciemment : conflits oedipiens avec leurs cortèges de disputes avec les collègues de travail ou le mari,ou  conflits d’autorité avec les parents et plus particulièrement avec  les femmes déjà mères qui prétendent imposer à la future mère des « conseils » parfois très insécurisants où en réalité elles sont dans une relation de pouvoir et de contrôle ou problématiques narcissiques comme l’incapacité à  s’autoriser à se reposer ,  ou passivité  vide craintive où la présence du mari aimant  comme point d’appui est très importante .

Il est classique de diviser la grossesse en trois stades, avec bien sûr des variations individuelles très importantes :

-premier trimestre : le manque de règles introduit la représentation d’être enceinte , le fœtus étant éliminé comme représentation  (il suffit de voir les adversaires de l’avortement qui confondent foetus et enfant né), le foetus est fusionné incorporé à la mère , incorporé mais cette acceptation est ambivalente car le fœtus est aussi projection de la mère que la femme doit parfois tuer symboliquement  avant d’être elle-même enceinte ; ce qui explique certains avortements spontanés sans doute ou plus simplement des rêves de mort de l’enfant
Comme le dit Groddeck une femme qui hait sa mère n’a pas d’enfant
D’autres inquiétudes apparaissent : capacité de mener la grossesse a terme  aptitude à être une bonne mère, à aimer l’enfant, problèmes matériels …
C’est vers la fin du premier trimestre que   la femme enceinte se rapprochera de sa propre mère  ,si c’est possible, et lui fera part d‘un bilan de ses sentiments vis-à-vis d’elle (amour et présence qui vont essayer de reconstruire  une bonne mère intérieure mais aussi partage de ses sentiments négatifs d’ agressivité , parfais de haine ,de  manques et reproches qui ainsi extériorisés seront désamorcés de leur charge somatisante de fatigue excessive, prise de poids , contractions , vomissements et nausées ) cette nouvelle relation quand elle peut se déployer diminuant alors aussi dépression et anxiété

-deuxième trimestre : c’est la période dite « calme »   , le corps modifié confirme maintenant l’état de grossesse, la menace de fausse couche est dépassée et il n’y a pas encore de risque d’accouchement prématuré . C’est le début avec l’échographie et puis les premiers mouvements d’accepter que l’enfant est extérieur à elle.
C’est souvent après l’intense régression orale du premier trimestre  qu’elles vont contrôler le poids ou au contraire grossir avec l’arrêt des nausées.
Grâce au travail d’introjection d’un bon, objet maternel, elles peuvent devenir plus  introverties et silencieuse tout en s’autorisant le flou de la rêverie fusionnelle ;
Il y a une plus grande labilité de l’humeur , un besoin de contenant sécurisant et aimant par  un  mari aimant,.mais aussi ,parfois dans une attitude critique exagérée si l’introjection d’un bon objet est ratée.

-troisième trimestre :c’est au cours de cette phase que le travail de séparation se prépare pour aboutir après la naissance à ce que Bidring appelle une relation fusionnelle libre et Winnicott une mère suffisamment bonne
Il y a la peur de l’accouchement .et e la douleur et elle est souvent énervée par la préoccupation exagérée d’autres femmes et accepte difficilement parfois des conseils ( et souvent avec raison car beaucoup de femmes ayant déjà été enceintes aiment partager leurs difficultés passées ce qui est très insécurisant )
Le nouveau statut de future mère est maintenant bien visible et lui apporte de nouveaux privilèges et attentions 
Il y a parfois le a difficulté a perdre le point d’appui du travail et a respecter la fatigue , nous avons monté l’importance de ce déni de la fatigue dans l’apparition de contractions et de l’insuffisance de croissance intrautérine, le stress aboutissant aune contraction aussi des artères
Et puis vient l’accouchement où l’anxiété mais aussi la personnalité peuvent interrompre son bon déroulement (désir inconscient de retenir l’enfant aboutissant à des dyskinésies ou à des douleurs importantes)

Possibilités d’abord psychosomatique :

Il faut bien distinguer - la demande- d’une femme venant dans une consultation psychologique où elle sera prête à entre  dans un, travail psychothérapeutique qui bien sûr explorera aussi dans la rencontre les dimensions symboliques projectives, considérant la maladie comme le dit Groddeck comme «  la positivité du dernier lieu où peut s’exprimer la liberté individuelle , aider quelqu’un a comprendre sa maladie étant l’aider à accepter son être particulier au monde » 
-de la demande d’une femme qui vient « avec son symptôme » a la consultation de son gynécologue .et qui dans notre société s’attend à une solution médicale et donc viennent comme un objet à réparer mais où nous voyons que souvent ce déni d’une dimension psychique aboutit à prescrire plus d’anxiété et d’angoisse et donc a aggraver le symptôme ce que nous allons voir avec la prématurité.

 

Abords et théories psychosomatiques

  1. la psychanalyse freudienne , part exemple Bergeret , considère le symptôme psychosomatique comme une névrose d’organe , ,une défense contre la pulsion , défense rendue nécessaire par un défaut , un manque de  possibilité de symbolisation chez des personnes caractérisées par une grande pauvreté émotionnelle et une pensée  opératoire
  2. le psychanalyste Groddeck  par contre voyait dans le symptôme psychosomatique une expression directe d’un conflit  dans une vue du « ça » différent du ça freudien , un ça  non séparé du moi , voyant l’ être humain  une unité psychosomatique , une approche sommes toutes très proche du yoga ou de la méditation bouddhiste
  3. la théorie des systèmes ne voit plus le problème comme individuel car tout est co-créé , nous sommes tous co-dépendants :
  4.  la thérapie familiale parlera de non possibilité de pouvoir s’exprimer dans un système familial plutôt que comme caractéristique individuelle , le corps du patient étant le reflet du corps familial , ,c'est-à-dire que le non verbal corporel exprime  métaphoriquement ce que signifie la famille , par exemple ces familles figées dans un modèle rigide empêchant les apprentissages de changements
  5. L’hypnose clinique et l’hypnoanalyse

 

L’hypnose clinique n’existe qu’en fonction d’un contexte à la fois personnel du psychothérapeute et de la société :
le mot « hypnose «  est un mot malheureux pour décrire un état et un contexte thérapeutique qu’on voit  actuellement comme  un  état de  la conscience . L’hypnose ericksonienne et l’hypnoanalyse considèrent que nous existons  dans différents états de la conscience ( le « moi- je » , le présommeil , le sommeil , l’état hypnotique qui est proche des états de méditation ) et que la qualité et la manière d’exister dans ces diverses consciences est différente.
L’hypnose comme la mindfullness méditation   permet de retrouver une sensation de  soi corporelle , devenir progressivement  soi impliquant de passer d’un moi qui possède un corps à un soi qui est le corps devenir du soi
Ré-articulation qui passe souvent par la nécessité d’une  réintégration des émotions dans le  corps ce qui n’est pas possible dans la logique du langage (ce qui explique les échecs de la psychanalyse quand le sentiment de soi est insuffisant  ) mais bien dans cet état de l’hypnose
Au XIXe siècle, Freud découvrit le phénomène hypnotique de la transe avec Charcot qui la considérait comme faisant partie de l’hystérie et avec Bernheim qui la considérait comme essentiellement suggestive.
Freud suggérait ainsi, dans ses débuts,  à ses patients, d’une façon autoritaire, d’entrer en transe, partant de l’hypothèse que la suggestion permettait un changement thérapeutique  ou que la régression dans cet état permettait de retrouver le blocage dans l’évolution de la personnalité (théorie de l’origine traumatique de la névrose). Mais il du bien vite se rendre compte que soit la suggestion marchait extraordinairement bien soit elle entraînait de la part d u patient une  basée sur une théorie d’emprise  de pouvoir, de désir du thérapeute actif sur un patient passif. Il découvrit alors le transfert et créa cette situation artificielle qui est la neutralité dans la cure psychanalytique (bien qu’il était nettement moins neutre   que les psychanalystes modernes) découvrant ainsi la non immédiateté de toute relation  où l’autre n’est pas vécu comme autre mais est  pris dans nos projections .
L’hypnose thérapeutique actuelle est née ans i !un contexte très différent du XIXe siècle car la société a changé , le monde et les relations   sont devenues de plus en plus impermanents  faisant éclore une proportion bien plus élevée de patients avec des problèmes narcissiques   ( c’est a dire , souffrant de manque d’amour pour eux-mêmes et d’un manque de sentiment de soi, de self ,  car  avoir un besoin exagéré du regard des autres est en réalité   un enfermement dans un moi immature) .
Le courant scientifique actuel , avec les sciences du comportement , la proxémique ( l’étude des  relations de proximité , l’anthropologie , la cybernetique , la logique, la linguistique , la physique , le constructivisme… mais aussi le courant anglo-américain de la psychanalyse avec notamment  Winnicott et Kohut qui mettent le self au centre de la problématique  humaine et non  plus le « moi » ,  conçoivent plus un monde et un, être humain en inter-relation, co-créé, où c’est la communication qui est au premier plan , l’objectivité étant toute relative car dépendant de os moules familiaux et sociaux et de société : un seul  paradigme  ne peut plus être une seule vérité , le changement et la capacité d’assimiler le changement et la disparition des points d’appuis extérieurs comme le travail , le couple , la famille , étant devenus une réalité  , ce à quoi nous ne sommes pas préparés

Le constructivisme postule que nous construisons inconsciemment  entièrement notre propre réalité et que donc toute prétendue réalité ne  peut être que la construction de celui qui croit l’avoir découverte . Ceci implique comme le dit Watzlawick , que l’inventeur n’étant pas conscient ,il considère sa réalité » comme existant indépendamment de lui , invention et mensonge qui devient alors la base de sa conception du monde et d onc de son comportement.
Il y aurait ainsi une réalité » apparente qu’on peut assimiler au moi social (persona de Jung , faux self de Winnicott, étant de la daseinalyse)  qui sera plus ou moins dissociée d’un vécu ,   éprouvé de l’expérience , d’un self ( au sens de Winnicott ; qui l’appelait la respiration du corps  ou au sens de l’ »être la « de Binswanger dans la daseinanlyse qui insistait sur la nécessité de devenir un corps )
Moi-je n’est plus dans cette conception la totalité du sujet  car je n’existe que dans un rapport à l’autre , autre qui ne peut être vu comme « autre » que au-delà de nos projections ce qui nécessite  de « voir «  a partir d’une autre dimension de soi : existence qui impliquera donc une position d’équilibriste entre  le moi et un  self.corporel ,

On, sait que les patients dont la thérapie réussit paraissent capables de ressentir des thèmes non encore organisés , préconceptuels , corporels , ce que a décrit Winnicott dans cette capacité du petit enfant de rêver seul dans un monde imaginaire , capacité possible seulement s’il a une mère « suffisamment bonne et aimante «  c'est-à-dire présente a elle et alors pré sente à lui .
De la même manière on conçoit maintenant le stress comme une incapacité a ressentir ce besoin d’exister régulièrement dans ces états de flou du moi ( qui nous sont indispensables : quand    nous sommes absorbés dans un tâche , dans un film, dans la nature , dans un sport , dans une relation …nous récupérons beaucoup d’énergie   et nous sentons bien), cette incapacité entraîne alors une tension chronique et un manque de plaisir qui soit entraînera  des symptômes psychiques , notamment de  dépression soit des assuétudes ( un moyen très rapide d’obtenir un plaisir immédiat et des sensations fortes ) soit des somatisations.

On conçoit donc maintenant l’état dit  hypnotique comme un élargissement de la conscience proche de la méditation , un état de réassociation au corps des émotions et de la sensation d’un soi  .

 

Dr Jean Schmitt est docteur en médecine , puis, en étant déjà gynécologue, il a après  une longue psychanalyse orthodoxe, été formé en psychothérapie d’inspiration psychanalytique et commencé par travailler en gynécologie psychosomatique  pour ensuite après une formation en hypnose ericksonienne , intégré ces deux dimensions psychothérapeutiques des    psychanalyses et de l’hypnose dans une  pratique de psychothérapeute à temps plein . Il y a  intégré aussi la « mindfullness méditation » (décrite par Kabat Zinn) grâce a un long travail  en méditation  , en taichi et un travail en biodynamique d’inspiration reichienne

 


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